Les Certificats d'Économie d'Énergie représentent 60 à 80 % des aides mobilisées sur un projet tertiaire type. C'est le levier à maîtriser en priorité.
Le mécanisme des Certificats d'Économie d'Énergie est né en 2005 pour pousser les fournisseurs d'énergie — appelés obligés — à financer directement les économies d'énergie réalisées chez les consommateurs finaux. Les obligés achètent ces certificats à ceux qui ont engagé des travaux éligibles, soit directement, soit via des délégataires spécialisés. Le prix du MWh cumac — la contraction de MWh cumulés et actualisés sur la durée de vie de l'action — fluctue selon l'offre et la demande, avec des écarts parfois importants entre deux obligés pour un même dossier. C'est pourquoi la mise en concurrence est structurante.
Pour le tertiaire, le catalogue s'appuie sur deux familles de fiches standardisées. La première, BAT-TH-XX, couvre les actions thermiques : isolation, pompes à chaleur, récupération de chaleur, déstratificateurs, haute pression flottante, systèmes de régulation. La seconde, BAT-EN-XX, couvre les actions sur l'enveloppe du bâtiment : isolation des toitures, planchers bas, murs, menuiseries. Chaque fiche précise une méthode de calcul des kWh cumac générés, en fonction de la surface traitée, de la zone climatique et du type d'énergie déplacée. Le calcul est normé, vérifiable, défendable.
Par-dessus ce socle, les pouvoirs publics ajoutent périodiquement des bonifications ponctuelles appelées Coups de Pouce, qui peuvent multiplier par 2 voire 3 la valorisation sur certaines actions prioritaires. Ces campagnes ont une durée limitée, souvent entre 6 et 18 mois, et sont annoncées par arrêté ministériel. Savoir quelles campagnes sont actives au moment précis de la signature du devis fait une différence directe de 15 à 40 % sur la prime finale. Il existe aussi des plafonds par opération et par an, au-delà desquels la valorisation est écrêtée — un point technique que les délégataires expliquent rarement spontanément.
Condition absolue : le dossier doit être engagé avant la signature du devis travaux. Plus précisément, la convention de délégation CEE doit être signée par le bénéficiaire avant l'engagement des travaux au sens administratif du terme. Si cette chronologie n'est pas respectée, la prime est définitivement perdue, sans recours. C'est la première erreur que commettent les acheteurs qui découvrent le dispositif en cours de chantier, et elle coûte souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros.