Pour la plupart des bâtiments tertiaires français, la chaudière gaz ou fioul représente encore l'ossature du chauffage. Or la trajectoire décret tertiaire — −40 % en 2030, −50 % en 2040, −60 % en 2050 — est difficilement atteignable sans agir sur ce poste, qui pèse entre 40 et 70 % de la consommation finale du bâtiment. L'évolution des prix du gaz depuis 2022, les quotas CO2 qui se resserrent pour les sites soumis au marché ETS2, et la pression RSE des investisseurs font de la décarbonation du chauffage un sujet structurant pour les comités de direction en 2026.
La pompe à chaleur tertiaire est la technologie de référence pour ce saut. Air-eau sur boucle hydraulique existante, eau-eau sur nappe ou géothermie, ou PAC à haute température pour les réseaux à 75 °C, elle transforme 1 kWh électrique en 3 à 4,5 kWh thermiques utiles grâce au cycle thermodynamique. Les modèles récents, équipés de compresseurs à injection de vapeur et de fluides frigorigènes A2L ou CO2, conservent un COP correct jusqu'à −10 °C extérieur. En hybridation avec la chaudière gaz existante, la PAC couvre 70 à 90 % des besoins annuels, la chaudière n'intervenant qu'en appoint grand froid.
Le business case tient à plusieurs leviers. Le gaz est taxé par la TICGN et subit des variations de marché de grande ampleur ; l'électricité, bien que plus chère au kWh, est démultipliée par le COP. À COP 3,5, le coût du kWh thermique PAC est inférieur au gaz dès 12 c€/kWh électrique net. Les CEE couvrent 25 à 45 % de l'investissement, le Fonds Chaleur s'applique aux PAC géothermiques, et l'amortissement comptable accéléré allège l'impact bilan. Pour un investisseur foncier, une PAC installée aujourd'hui contribue directement à la valeur verte de l'actif, un paramètre désormais intégré dans les valorisations IFI et CRREM.